GT – Entrepreneuriat et Genre

GT – Entrepreneuriat et Genre

Les vingt dernières années ont été marquées par un investissement du domaine traditionnellement “masculin” de l’entrepreneuriat par les femmes. Elles sont ainsi de plus en plus nombreuses à occuper des postes de direction et de leadership, ainsi qu’à créer, reprendre et gérer des entreprises de par le monde (GEM Women’s Report, 2016/2017). En France par exemple, près d’un tiers des entrepreneurs sont aujourd’hui des femmes, alors qu’elles n’en représentaient que 9% en 1986 (INSEE, 2019). Au Québec aussi, les femmes constituent un levier important de l’entrepreneuriat, avec 41% de femmes parmi les propriétaires d’entreprises en 2018 (Ibanescu et al. 2018).

Concomitamment à ces évolutions, les recherches académiques sur les femmes entrepreneures se sont développées et progressivement affinées, posant les bases d’un champ de recherche en émergence. Différents courants se sont succédés depuis la première étude en 1976 (Schwartz, 1976), et coexistent actuellement, donnant lieu à de nombreux et riches débats autour des approches, théories et dynamiques de genre en entrepreneuriat (Ahl, 2006 ; Brush, de Bruin et Welter, 2009 ; Calas, Smircich, et Bourne, 2009 ; Constantinidis et Lebègue, 2019 ; Gherardi, 2015 ; Lebègue, 2015 ; Marlow et Martinez Dy, 2018 ; Nelson et Constantinidis, 2017 ; Pailot, Chasserio et Poroli, 2016 ; entre autres). Ces recherches ont notamment permis de questionner les visions classiques de l’entrepreneuriat, dans ses diverses dimensions, entre autres : la motivation à entreprendre ; l’obtention de financement entrepreneurial ; la construction de réseaux d’affaires ; la légitimité entrepreneuriale ; l’appréhension du processus entrepreneurial ; la perception de la réussite entrepreneuriale ou encore la succession et reprise de l’entreprise familiale.

Pour autant, de nombreuses questions restent encore peu ou pas explorées. Le croisement du genre avec d’autres dimensions telles que l’âge, l’origine ethnique ou le milieu social (approches intersectionnelles), l’entrepreneuriat des femmes dans certaines régions du monde (comme par exemple, les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord), ou la déconstruction des masculinités en entrepreneuriat n’en sont que quelques exemples. Dans le monde anglo-saxon, les communautés académiques se sont structurées depuis longtemps autour d’initiatives communes (pensons notamment au projet Diana ou au groupe de recherche GEN), contribuant ainsi à consolider les connaissances et à rendre visible le champ de recherche.

La constitution de ce groupe thématique part d’un souhait de mettre en avant, créer et structurer des liens entre les différentes communautés de recherche dans le monde francophone, en proposant un espace d’échanges, de réflexions et de projets communs autour des problématiques de genre en entrepreneuriat. 

Objectifs

  • Accroître la visibilité de la recherche francophone sur l’entrepreneuriat et le genre ;
  • Consolider les connaissances issues des travaux de recherche sur l’entrepreneuriat et le genre via la mise en place d’un groupe de chercheur.e.s francophones ;
  • Faciliter les collaborations avec la communauté de recherche internationale en entrepreneuriat et genre.

Activités

  • Promouvoir de nouveaux projets de recherche et organiser des événements sur l’entrepreneuriat et le genre (journées d’étude, ateliers, colloques) ;
  • Coordonner des numéros spéciaux de revues et des ouvrages collectifs ;
  • Développer les relations avec les chercheur.es des communautés francophones, notamment québécoises et françaises ;
  • Créer des collaborations avec les groupes d’intérêt académique de l’ISBE “Gender and Enterprise Network (GEN)” et “Family Business” (FB), avec l’AIREPME, entre autres.

Animatrices du groupe thématique et contacts

Christina ConstantinidisTyphaine LebègueCorinne Poroli
École des Sciences de la Gestion, Université du Québec À MontréalInstitut d’Administration des Entreprises, Université de ToursSKEMA Business School,

Campus Paris

constantinidis.christina[at]uqam.catyphaine.lebegue[at]univ-tours.fr

 

corinne.poroli[at]skema.edu

 

Références

Ahl, H. (2006). “Why research on women entrepreneurs needs new directions”, Entrepreneurship Theory and Practice, 30 (5), 595-621.

de Bruin, A., Welter, F. (2009). “A gender-aware framework for women’s entrepreneurship”, International Journal of Gender and Entrepreneurship, 1 (1), 8-24.

Calás, MB, Smircich, L, Bourne, KA (2009). “Extending the boundaries ‘entrepreneurship as social change”. Academy of Management Review, 34 (3), 552-569.

Constantinidis, C., Lebègue, T. (2019), “Approches critiques de la relation entre entrepreneuriat et genre”, dans : Entrepreneuriat et Société, sous la direction de O. Germain, Editions Presses de l’Université Laval.

GEM (2016/2017). “Women’s Entrepreneurship Report 2016/2017”, Global Entrepreneurship Report, Global Entrepreneurship Research Association.

Gherardi, S. (2015). “Authoring the female entrepreneur while talking the discourse of work family life balance”, International Small Business Journal, 33 (6), 649-666.

Ibanescu, M., Azoulay, A., Marchand, R (2018). “10 ans de l’Indice Entrepreneurial Québécois 2009-2018”, Indice Entrepreneurial Québécois, Fondation de l’entrepreneurship.

Lebègue, T. (2015), « La réussite de carrière entrepreneuriale des femmes », Revue de l’Entrepreneuriat, vol. 14, n°1 p. 93-127 (B HCERES – 3 FNEGE – 4 CNRS).

Marlow, S., Martinez Dy, A. (2018). “Annual review article: Is it time to rethink the gender agenda in entrepreneurship research?”, International Small Business Journal: Researching Entrepreneurship, 36 (1), 3-22.

Nelson, T., Constantinidis, C (2017). “Sex and gender in family business succession research: A review and forward agenda from a social construction perspective”. Family Business Review, 30 (3), 219-241.

Pailot, P., Chasserio, S., & Poroli, C. (2016).  La construction de la légitimité des femmes entrepreneures : une approche transactionnelle.   Management International, 20 (4), 45-58.

Schwartz, E. B. (1976). “Entrepreneurship: a new female frontier”, Journal of Contemporary Businesses, Winter, 47-75.