Congrès AEI 2019 – Track 6 – L’éducation à l’entrepreneuriat : Analyse de pratiques pédagogiques // Questions de recherche

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Analyse de pratiques pédagogiques // Questions de recherche

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Track n°6 – Education

Appel à communication : aei2019-education@umontpellier.fr

Le développement de l’entrepreneuriat est l’objet d’attentions constantes dans les politiques régionales et nationales. Il passe par le soutien à l’éducation à l’entrepreneuriat qui est aujourd’hui présente dans de nombreux pays et portée par de multiples initiatives publiques et privées.

Dans l’enseignement supérieur français, les PEE (Pôles pour l’Entrepreneuriat Étudiant) lancés en 2010 ont été relayés par le plan national en faveur de l’entrepreneuriat étudiant qui a conduit à la création de 30 PEPITE (Pôle étudiant pour le transfert, l’entrepreneuriat et l’innovation). Les pratiques de sensibilisation, de formation et d’accompagnement des étudiants et jeunes diplômés se sont très largement développées dans l’enseignement supérieur. Elles s’adressent à un nombre croissant d’étudiants de tous niveaux et de tous domaines de formation, dans les universités et dans les grandes écoles mais aussi dans les formations supérieures portées par les lycées. En 2018, le bilan de l’entrepreneuriat étudiant fait état de 120 000 étudiants sensibilisés et formés chaque année et de près de 6000 étudiants entrepreneurs accompagnés en quatre ans à travers le SNEE (statut national étudiant entrepreneur).

Ces actions, mises en œuvre ou coordonnées par les PEPITE et les établissements d’enseignement supérieur, sont portées par des intervenants variés : enseignants chercheurs de toutes disciplines, praticiens, entrepreneurs et jeunes entrepreneurs, chargés de mission recrutés dans les PEPITE, salariés des structures d’accompagnement à la création d’entreprises, et plus largement acteurs de l’écosystème de l’entrepreneuriat et de l’innovation.

Le développement de l’éducation à l’entrepreneuriat est ancien en Amérique du Nord et dans les pays européens, figurant par exemple au cœur des stratégies européennes avec le plan d’action « Entrepreneurship 2020 » (European Commission, 2013). Il tend à se développer dans le monde entier, et notamment au Maghreb, en Afrique et au Moyen Orient avec des enjeux forts en termes d’innovation pédagogique et d’insertion professionnelle des jeunes diplômés.

Face à cette profusion de politiques et d’initiatives, l’éducation entrepreneuriale devient un sujet de plus en plus crucial. Si les recherches scientifiques ont répondu à la question « peut-on enseigner l’entrepreneuriat ? » (Fayolle, Verzat et Wapshott, 2016; Fayolle, 2013; Fayolle, 2012), elles laissent de nombreuses questions ouvertes. De même, il existe quelques modèles sur l’éducation entrepreneuriale (par exemple, Béchard & Grégoire, 2009; Neck & Greene, 2011, Neck, Green et Brush, 2014) mais nous savons peu sur la façon dont ces modèles sont appliqués dans chaque contexte éducatif.

C’est pourquoi le track invite les chercheurs ainsi que tous les acteurs engagés dans des actions éducatives en entrepreneuriat à partager deux types de contributions qui donneront lieu à deux ateliers distincts lors du congrès :

1/ Des analyses de pratiques construites en s’inspirant du principe d’evidence-based education en médecine. Il s’agit de documenter chaque pratique innovante sur un format court afin de faire réagir les collègues et permettre son questionnement. Ces contributions, d’un format court de résumé (2000 mots) donneront les éléments de compréhension suffisants pour qu’on puisse se représenter le dispositif concrètement et proposeront un questionnement fondé sur une argumentation théorique documentée.

Les contributions les plus intéressantes seront invitées à retravailler leur texte en vue de proposer une publication dans la revue Entreprendre et Innover, au sein de la rubrique « Pratiques Pédagogiques Innovantes ».

 

Les analyses de pratiques seront structurées en trois points :

  • – Contexte :
  • Éléments de cadrage : origine, public concerné, concepteurs et animateurs, institution, programme dans lequel le dispositif est intégré.
  • Objectifs pédagogiques et philosophie éducative sous-jacente Pourquoi forme t’on les étudiants à/par/pour l’entrepreneuriat ? Quels sont les acquis d’apprentissage attendus ? Quelles sont les compétences visées ? Qu’est-ce qu’on en attend en fin de dispositif, éventuellement plusieurs mois ou années après ? Quelle philosophie éducative est sous-tendue par les concepteurs du dispositif ou du programme ?

 

  • – Dispositif concret :
  • Tableau du déroulement/processus : timing, contenus, exemples d’activités proposées, système d’évaluation des acquis… Il faut qu’on puisse se représenter le plus concrètement possible ce qui est réalisé.
  • Les acteurs, leurs rôles et leur posture : Quelle est la place dévolue aux étudiants ? Quels autres acteurs interviennent, à quel moment et avec quels rôles, postures, attitudes… ?
  • La place de la technologie (s’il y a lieu) : plate-forme utilisée, séquences à distance individuelles et/ou collectives, modalités d’échange et d’évaluation en ligne.

 

  • – Questionnement :

De nombreux axes de questionnement sont possibles. Dans le cadre du résumé, il est demandé d’en choisir un, de formuler la/les questions choisies en s’appuyant sur quelques sources théoriques de référence et d’expliquer la méthode utilisée pour y répondre. Les résultats seront présentés de manière synthétique dans le résumé mais devront être présentés en détail au cours du track.

  • Quelles sont les spécificités de l’apprentissage de l’entrepreneuriat repérables dans ce dispositif ? Notamment on peut se demander quel est le degré d’incertitude affronté et quelles logiques d’action (effectuale/causale) sont mises en œuvre ? Où se situent les risques ? Qui les prend ? Y a-t-il un droit à l’erreur, voire à l’échec ? Comment est-il effectivement géré et cela facilite-t-il l’apprentissage ? Cela peut concerner les étudiants, les professeurs et animateurs et/ ou l’institution.
  • Pour ou contre la gestion de compétences dans le domaine de l’entrepreneuriat ? Quels processus de reconnaissance formels et/ou informels en classe et au-delà, permettent aux étudiants de prendre conscience et de valoriser des compétences entrepreneuriales ? Quel est l’impact réel des compétences développées sur l’insertion professionnelle des étudiants ? Comment concilier l’approche individuelle des compétences avec les pratiques collectives de l’entrepreneuriat étudiant ? Finalement la notion de compétence est-elle pertinente pour définir les objectifs d’apprentissage visés, que ce soit en vue du développement d’un esprit entrepreneurial ou de la création d’entreprise ?
  • Quels sont les impacts du recours au numérique ? La re-conception des dispositifs éducatifs via le numérique permet-elle d’ouvrir les possibles pour une communauté élargie ? Quels apprentissages entre réel et virtuel dans les jeux sérieux et les simulations ? Quelle persévérance, quels usages et quel impact des Mooc dans le domaine de l’entrepreneuriat ? Quels apports / limites du numérique dans les démarches d’essai-erreur ? D’une manière générale, le numérique offre-t-il une solution à des problèmes ou bien est-il source de problèmes, d’aliénation, de prolétarisation, de désindividuation…?
  • Dans quel genre d’écosystème éducatif le dispositif présenté se place-t-il ? Qui domine le jeu ? Quelles sont les différentes ‘espèces’ d’acteurs ? Comment analyser le système d’interactions entre les différentes parties prenantes (étudiants, professeurs, administration, entrepreneurs, incubateurs,…) ? Quelles alliances, coopérations, compétition, sélections… observe-t-on ? Qu’est-ce qui se joue dans les pratiques de coworking, ou encore dans les communautés d’étudiants entrepreneurs ? En quoi la formation entrepreneuriale fait-elle évoluer la « forme scolaire » traditionnelle ?
  • En quoi le dispositif est-il aligné ? Dans quelle mesure les 3 principes d’alignement pédagogique selon Biggs sont-ils respectés : 1) l’évaluation porte sur les acquis d’apprentissages visés, 2) le dispositif se focalise sur les apprentissages visés, 3) le dispositif prépare les étudiants à l’évaluation. Quelles questions vives l’exigence d’alignement pédagogique pose-t-elle si le projet entrepreneurial en classe est plus ou moins réel ?
  • Quel bilan tirer à ce jour ? Après une première expérimentation d’un dispositif innovant, quelles observations faites-vous ? On peut par exemple proposer un cas qui marche par opposition à un cas qui ne marche pas… Le but n’est pas de « vendre » mais d’analyser ce programme ou dispositif au regard de ses différents niveaux d’objectifs et de parties prenantes. La question sous-jacente est la réflexion sur la mesure d’impact en entrepreneuriat.
  • Quelles réflexions critiques l’étude du dispositif suggère-t-elle ? existe-t-il des paramètres jugés critiques pour que le programme ou dispositif tienne ses promesses pour la quasi-totalité des étudiants ? Quelles limites avez-vous observé ? Et plus généralement que signifie éduquer à l’entrepreneuriat, quelles sont les croyances, idéologies ou valeurs sociales idéalisées sous-jacentes au dispositif proposé ? Comment le dispositif les transmet-il ou les met-il en débat… ?

 

2/ Des papiers courts permettant de diffuser des recherches originales sur l’éducation à l’entrepreneuriat en explorant, sans exclusive, les questions suivantes :

  • L’éducation à l’entrepreneuriat a donné lieu à de multiples innovations et dynamiques pédagogiques : que dire aujourd’hui de ces expériences ? Quels sont les éléments en jeu dans le passage à l’échelle ? Que peut-on dire aujourd’hui des multiples approches pédagogiques utilisées ? Quels sont les impacts du recours au numérique ?
  • L’approche par les compétences se généralise aujourd’hui dans les entreprises comme dans l’enseignement supérieur. Quelle est la place des compétences dans les dispositifs de formation par l’action mis en place ? Quel est l’impact des compétences entrepreneuriales sur l’insertion professionnelle des étudiants ? Comment les établissements peuvent-ils répondre à la question complexe de l’évaluation des compétences ? Comment peut-on concilier l’approche individuelle des compétences avec les pratiques collectives de l’entrepreneuriat étudiant ? Que nous apprennent les étudiants entrepreneurs sur le processus entrepreneurial ?
  • La pédagogie de l’entrepreneuriat privilégie les approches par projet et se situe bien souvent entre formation et accompagnement. Quels sont les enseignements de l’éducation à l’entrepreneuriat sur l’accompagnement entrepreneurial ?
  • Qu’est-ce qui se joue au sein de la communautés des étudiants entrepreneurs ?
  • Quels sont les impacts des formations et de l’accompagnement des étudiants entrepreneurs sur leur trajectoire professionnelle, qu’ils deviennent entrepreneurs ou salariés ? Au-delà de l’intention entrepreneuriale, quelles sont les facteurs qui facilitent ou freinent le passage à l’acte ?
  • Qu’en est-il des pratiques de formation qui s’adressent à d’autres publics (salariés, cédants, repreneurs, accompagnateurs et conseils des entreprises) pour répondre à d’autres besoins : intrapreneuriat, extrapreneuriat, reprise d’entreprise, conduite de l’innovation) ?

 

Les papiers courts ne dépasseront pas 5000 mots hors bibliographie et d’éventuelles annexes. Ils peuvent être soumis en français ou en anglais.

Les papiers doivent être originaux (non publiés, non en processus d’évaluation dans une revue ou un colloque). Un contrôle anti-plagiat des papiers sera effectué.

Les papiers doivent respecter les consignes de présentation suivantes :

Microsoft Word format A4
Interligne 1,5
Notes bibliographiques (en interligne simple)
Police : Times New Roman, corps 12 points
Titres et sous-titres en caractères gras, numérotés sous la forme 1, 1.1 et 1.1.1.
Numérotation des pages au centre et en bas de page
Marges haute, basse, droite et gauche de 2,5 cm
Références bibliographiques rappelées en fin de document
Noms des auteurs référencés dans le corps du texte entre parenthèses et suivis de l’année d’édition.

 

Calendrier :

10/01/2019 : réception des communications (analyse des pratiques : 2000 mots / papiers courts : 5000 mots)
15/03/2019 : notification aux auteurs
15/04/2019 : réception des papiers révisés, courts ou longs, dans leur version définitive

 

Références

Arlotto, J., Jourdan, P., Sahut, J., Teulon, F. (2012). Les programmes de formation à l’entrepreneuriat sont-ils réellement utiles ? Le cas des concours pédagogiques de création d’entreprise. Management & Avenir, 55,(5), 291-309.

Béchard, J. & Gregoire, D. (2009). Archétypes d’innovations pédagogiques dans l’enseignement supérieur de l’entrepreneuriat : modèle et illustrations. Revue de l’Entrepreneuriat, vol. 8,(2), 35-56. doi:10.3917/entre.082.0035.

Brenet, P., Schieb-Bienfait, N., Authier, J. (2017). Concevoir un référentiel de compétences pour les étudiants entrepreneurs : la démarche PEPITE. Entreprendre & Innover, 33, (2), 29-43.

Fayolle A. (2012). Entrepreneuriat : apprendre à entreprendre, Dunod, 2ème édition.

Fayolle, A. (2013) Personal views on the future of entrepreneurship education, Entrepreneurship & Regional Development, 25:7-8, 692-701, doi:10.1080/08985626.2013.821318

Fayolle, A., Verzat, C., & Wapshott, R. (2016). In quest of legitimacy: The theoretical and methodological foundations of entrepreneurship education research. International Small Business Journal, 34(7), 895–904.

Leyronas, C., Loup, S. (2015). Le développement des compétences entrepreneuriales lors de la préincubation des projets d’étudiants. Entreprendre & Innover, 26, (3), 8-17.

Neck, H. M., & Greene, P. G. (2011). Entrepreneurship Education: Known Worlds and New Frontiers. Journal of Small Business Management, 49(1), 55–70.

Neck, H.M., Greene, P.G. & Brush, C.G (2014) Teaching Entrepreneurship, A Practice-Based Approach, Edward Elgar Publishing : Cheltenham UK, Northampton, MA

Pepin, M. & Champy-Remoussenard, P. (2017). ‪Introduction‪: Quelques repères pour comprendre et interroger le développement de l’éducation à l’esprit d’entreprendre. Formation emploi, 140,(4), 7-25. https://www.cairn.info/revue-formation-emploi-2017-4-page-7.htm.

Theodoraki, C. & Messeghem, K. (2015). Ecosystème de l’accompagnement entrepreneurial : une approche en termes de coopétition. Entreprendre & Innover, 27,(4), 102-111. doi:10.3917/entin.027.0102.

Toutain, O., Gaujard, C., Mueller, S. & Bornard, F. (2014). Dans quel Ecosystème Educatif Entrepreneurial vous retrouvez-vous ?. Entreprendre & Innover, 23,(4), 31-44. doi:10.3917/entin.023.0031.

Verzat, C., Jore, M., Toutain, O. & Silberzahn, P. (2016). Apprendre par soi-même l’entrepreneuriat via un MOOC. Revue française de gestion, 257,(4), 33-52. doi:10.3166/rfg.2016.00050.

 

 

 

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