Journée de recherche

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L’innovation a-t-elle un genre ?

Journée d’étude – 30 MAI 2013

Grenoble Ecole de Management

Dans le cadre de la journée des GEM Inno Awards, Grenoble Ecole de Management organise une journée de recherche sur le thème de la place du genre dans les processus d’innovation.

L’innovation est étroitement liée à la figure de l’entrepreneur (Brechet et al., in Revue de l’entrepreneuriat, 2009). Présentée comme le résultat d’un processus créatif (Amabile, 1988), qui se concrétise dans un nouveau produit, service ou procédé (OCDE, Manuel D’Oslo, 2004), l’innovation est considérée comme un moyen pour l’entrepreneur de créer un marché et de générer de la valeur économique. Cette capacité d’innovation est implicitement reconnue comme jouant un rôle prédominant dans la formation du projet entrepreneurial (Boutinet & Raveleau, 2012), dans la capacité à détecter des opportunités d’affaires mais aussi pour permettre de diriger l’entreprise au quotidien et à « bricoler » (Baker et al., 2005). Pour autant, si les recherches sur le processus d’innovation dans les start-ups, les PME tout comme dans les grands groupes, semblent particulièrement bien explorées (Le Loarne, 2006), le travail sur l’individu ou le groupe d’individus qui génèrent l’innovation, au quotidien, manque encore puisque la majorité des résultats sur le sujet est issue d’études menées sur des étudiants ou des individus qui ne sont pas encore dans l’entreprise (Perry Smith, 2007 ; 2009). Ce constat invite donc à ouvrir un débat sur les caractéristiques sociales et organisationnelles de l’innovateur au sein de l’entreprise en particulier de la petite entreprise en cours de création ou en croissance. Les premiers travaux avancés tendent à montrer que plus l’entreprise rassemble des acteurs aux origines sociales, aux métiers et aux personnalités diverses, plus elle serait à même de générer de la créativité et potentiellement des innovations (Amabile, 2003).

Ce débat prend d’autant plus son sens dans le contexte actuel qui invite les entreprises, et plus généralement le monde économique, à plus de diversité (World Economic Forum, 2012). Derrière le concept encore flou de la diversité, se cachent différentes situations : diversité de métiers mais aussi diversité en terme d’origine nationale, d’âge mais également de genre.

Le débat sur l’entrepreneuriat féminin en recherche n’est pas récent : initié dans les années 80, il est réellement posé en 2006 et connait actuellement un regain d’intérêt (De Brun et al., 2006 ; 2012). Dans ce courant, l’enjeu est de tenter d’identifier et d’expliquer le faible taux d’entrepreneuriat féminin (environ 30 % quelque soit la partie du monde et le secteur d’activité considéré) mais aussi de mettre en évidence les différences hommes / femmes pour appréhender les différentes facettes de la vie entrepreneuriale.

A l’heure où McKinsey publie une étude émettant l’hypothèse que les entreprises créées et dirigées par les femmes connaitraient une performance économique supérieure à celle des entreprises dirigées par les hommes (McLinsey, 2011), et étant donné le fort rôle de l’innovation sur la performance de l’entreprise, cet appel à communication a pour objectif de s’interroger sur l’éventuelle spécificité qui serait conférée aux femmes dans leur capacité à être créative, et dans les processus de développement de produits nouveaux et d’innovation : les figures légendaires de l’entrepreneuriat sont souvent portées par des hommes. Cela signifie-t-il que les femmes entrepreneurs innovent moins ? Au sein de l’entreprise, les femmes porteraient-elles moins de projets d’innovation que les hommes ? Si elles le font, comment procèdent-elles ? Leur démarche de créativité et de diffusion de leurs projets est-elle spécifique ?

Dans ce contexte, les communications présentant un résultat mené à partir d’une empirie sont privilégiées. Suivant les appels de Ahl (2006, 2012) mais également de Suddabie et al. (2012), nous attacherons un intérêt particulier aux approches comparatives « hommes – femmes » et aux approches qualitatives afin de  mieux appréhender le processus d’innovation, sans pour autant rejeter les autres approches :

–          Genre et processus créatif

–          Réseau social, genre et créativité

–          Les processus de gestion de l’innovation dans les entreprises gérées par des femmes et par les hommes

–          Genre et intrapreneuriat

–          Genre et détection d’opportunité d’affaire

–          Genre et financement de projets d’innovation

–          Genre et créativité dans les activités culturelles

–          Genre et bricolage organisationnel

 

Les meilleures communications seront considérées pour publication dans une revue classée CNRS.

Les projets de communication de 500 mots maximum sont à envoyer à l’adresse suivante : severine.le-loarne @ grenoble-em.com

 

Date limite de remise des intentions de communication : 28 février 2013

Notification d’acceptation aux auteurs : 20 mars 2013

Date limite de remise des articles : 10 mai 2013

 

Téléchargez GEMIA_Workshop_Genre_et_Inno_call

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